Le défi têtes rasées, 6 mois plus tard

Texte par Anne Marchand

Cet été, j’avais fait et j’avais parlé dans ce blogue du défi têtes rasées. Six mois ont passés depuis. J’affronte les aléas de mes cheveux qui poussent étrangement en coupe Longueuil, les « bed heads » les plus absurdes jamais vues sur une tête et je continue mon petit train de vie comme avant. Maintenant, je ressemble juste à un Beatles. Mais ça pousse, ça pousse, je devrais ravoir ma longueur d’avant dans environ 6 mois. Je suis toujours heureuse d’avoir fait le défi, je pense encore que ça en valait la peine, ne serait-ce que pour les shooters.

Un seul détail continue de me hanter.

Parmi mes donateurs et donatrices, il y avait ma tante France. J’en ai beaucoup de matantes, ma grand-mère a eu douze enfants. Chaque matante est différente, chaque matante a ses manies, mais je les aime tous énormément. France était celle qui ressemblait le plus physiquement à ma mère. Même tête grise, même regard sérieux mais avec un fond rieur, même gentillesse et générosité. Vous remarquez que je parle au passé. J’avais parlé dans mes textes de cet été de l’inévitable avenir dans lequel un de mes proches serait atteint par la maladie. Seulement, je ne pensais pas prédire un futur si rapproché.

France est décédée le 26 décembre dernier. Elle a appris qu’elle était malade trois mois après m’avoir fait un don. La dernière fois que je l’ai vu, elle était en forme, souriante, avec son inoubliable rire. J’ai préféré aller aux activités d’intégrations de droit plutôt qu’au dernier party de famille où j’aurais pu la voir en forme. Il y avait plus d’alcool en droit que dans mon party de famille, c’était un calcul simple.

Le tourbillon de la vie étudiante a fait en sorte que j’ai remis à plus tard chaque visite que j’aurais voulu aller lui faire après la terrible nouvelle. Je travaillais, je  faisais du bénévolat, j’étudiais ou il y avait un party à faire au moins une fois dans sa vie auquel je devais aller. Elle n’allait pas mourir siiiiii vite après tout. France, c’est une battante, comme toutes les filles de la famille. J’aurais le temps.

Le cancer, y s’en crisse que ta matante soit une battante. Parce que ce n’est pas un combat, c’est une maladie. Tu ne te bats pas contre une maladie, tu la subis. Tu as de la chance ou tu n’en as pas. Ma tante n’en a pas eu.

J’aurais pu ramasser un million de dollars au lieu de 800, ça n’aurait rien changé à ce fait. Au moment de la découverte, la maladie était tout simplement trop avancée.

C’est bien beau de se couper les cheveux et de ramasser des sous, ça ne remplace pas une présence humaine. C’est extrêmement cliché et quétaine de dire ça, ils le disent dans chaque mauvais film hollywoodien, mais ça reste vrai. Il faut être là pour les gens qu’on aime.

L’amour ça vaut plus que l’argent, même si on ramasse l’argent pour une bonne cause. C’est une des leçons que je retiens, sur le tard, du défi têtes rasées.

Je crois que matante France aurait été d’accord avec moi.

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2 comments

  1. Comme tu as raison Anne, l’amour c’est très important. La maladie personne n’en veut on l’a subie . La santé on en a tous besoin tout comme l’amour. France est sûrement fière de toi. Bravo

  2. Sylvie Boissonnault

    Merci ma Belle Anne, tu résume très bien tes émotions, la réalité. C’est extrêmement difficile de laisser partir ceux qu’on aime profondément, même avec les années

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