À ma sœur qui est loin

Texte par Émilie Lalonde, photo par Pierre-Yves Laroche

Ma sœur. T’es loin. Tellement loin de moi.

J’ai manqué ta première pièce de théâtre et ça m’a brisé le cœur un peu. Juste une mini fissure. Quelque chose de pas trop grave.

Je me console en entendant ton rire au téléphone quand tu me racontes ta journée, quand tu me décris la dernière niaiserie que ton chat a faite.

Je ne t’ai pas vu non plus franchir les murs de la grande école secondaire.

Je suis loin sur un point de vue de kilomètres. Mais ma tête pense souvent à toi.

Oui. Des fois, en plein cours, je me perds dans mes pensées. Je t’imagine dans les corridors et il y a une autre craque qui se forme. Un peu plus grosse celle-là. J’ai lu sur Internet, sur Allô docteur, que ça se peut une rupture de l’aorte. On appelle ça un anévrisme aortique. Il faut que je fasse attention : 22 ans, c’est jeune pour une grosse opération.

J’aimerais ça te protéger. Je sais, je suis une sœur fatigante. Ben oui, je suis celle qui ne veut pas que tu aies trop vite sur ton vélo, je suis celle qui t’oblige à manger tes légumes et qui te dis qu’Internet, c’est dangereux (je devrais écouter mes propres conseils).

Je veux que tu sois entourée des meilleures conditions, que tu sois épanouie.

Et c’est à ce moment-là que je vois des filles comme Safia Nolin dans ma télévision. Je suis rassurée. Elle est belle en dedans. En dehors aussi. Elle est forte surtout. Fais ce qui te rend heureuse ma sœur, mais fais-le avec assurance et je vais être fière.

Mon cœur est réparé, on dirait.

 

 

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